Les géants de la tech poursuivent leur vague de licenciement. Après avoir massivement recruté durant la pandémie, ils font aujourd’hui face à une surcapacité. Résultat : une réorganisation brutale du travail, où les salariés restants doivent assumer une charge accrue et faire preuve d’un engagement total, y compris dans les petites structures.
Autrefois, la compétition pour attirer les talents dans la tech était si intense que certaines entreprises en venaient à recruter des personnes pour des rôles quasi inexistants. Cette époque est révolue. Désormais, les employés doivent gérer les tâches laissées vacantes par les départs. Cette surcharge de travail est présentée par les entreprises comme une preuve d’agilité.
Il y a eu des cas de pertes d’emploi, suivies de réembauches à des fonctions excluant toute perspective d’augmentation salariale ou d’attribution d’actions. Par le passé, il était courant de progresser financièrement en changeant d’employeur ; aujourd’hui, solliciter un salaire supérieur peut entraîner l’annulation d’une offre.
La pression s’intensifie pour les employés
Pendant des années, le secteur de la tech a connu une pénurie de main-d’œuvre, la demande de travailleurs surpassait largement l’offre. Cette tendance s’est accentuée pendant le Covid-19. Mais dès 2022, face au ralentissement économique, de grandes entreprises comme Meta ou Salesforce ont reconnu avoir sur-embauché, et ont lancé des vagues de licenciements.
Les employés restants vivent difficilement cette situation. Ils doivent souvent gérer plus de travail et cherchent à prouver leur valeur. Business Insider indique que la pression est si forte que le burn-out est devenu normal pour beaucoup. Un développeur ayant quitté son poste suite à un épuisement professionnel témoigne :
« On a l’impression que si on n’atteint pas un objectif, même mouvant, on est dans la ligne de mire… Pour moi, c’était se sentir un échec » .
Face à cette situation oppressante dans le secteur, une réflexion sur une reconversion professionnelle peut s’avérer pertinente.
Aux États-Unis, Amazon a notamment imposé un retour au bureau à temps plein pour ses équipes e-commerce, soit 5 jours sur site et au moins 8 heures par jour. Une décision qui a renforcé le sentiment de surveillance et de pression permanente.
Même dans les petites entreprises, le ton managérial a changé. Natan Fisher, expert en recrutement tech, note que certaines directions préfèrent désormais proposer des indemnités de départ à ceux qui ne peuvent plus suivre le rythme imposé.
Amazon, Meta, Microsoft et Alphabet continuent leur licenciement
Selon Josh Bersin, dirigeant d’une entreprise de conseil et spécialiste des ressources humaines, certaines politiques économiques et stratégies d’optimisation, à l’image de celles prônées par Elon Musk, ont renforcé une logique de rentabilité maximale avec moins de personnel.
Dans cette optique, une reconversion professionnelle pourrait ouvrir des opportunités dans des domaines moins sujets à ces fluctuations.
Meta a notamment annoncé, dès début 2025, une nouvelle vague de réductions de personnel, touchant 5 % de ses employés dont les résultats étaient jugés insatisfaisants. Mark Zuckerberg a précisé que l’année serait chargée et qu’il fallait relever le niveau d’exigence en termes de performance. Ce qui impliquerait un départ plus rapide des collaborateurs les moins efficaces.
Dans un contexte similaire, Alphabet a confirmé en avril 2024 des suppressions de postes généralisées pour mieux allouer ses ressources aux priorités produit.
Microsoft, a également réduit ses effectifs d’environ 10 000 postes dès le début 2023. D’autres entreprises comme Salesforce, Cisco, IBM ou plusieurs start-up ont aussi supprimé des postes, freinant l’optimisme suscité par l’essor du cloud et de l’IA.
De son côté, Amazon n’a pas été épargné. Jeff Bezos avait déjà communiqué le renvoi de 18 000 employés, début 2023, soit 6 % des effectifs corporate, touchant les divisions RH et e-commerce. De nouveaux licenciements ont suivi en 2024, notamment dans les branches cloud et Prime Video.
D’après les informations de Layoffs.fyi, l’industrie de la tech a connu plus de 150 000 pertes d’emplois réparties sur environ 550 entreprises en 2024. Et la tendance se poursuit : au premier trimestre 2025, plus de 22 000 licenciements ont déjà été recensés, dont 16 084 rien qu’en février.
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