Thales et le CEA anticipent la sécurité de l’ère quantique

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Deux acteurs majeurs de l’innovation technologique française, Thales et le CEA, unissent leurs expertises pour contrer les cybermenaces de demain. Leur collaboration vise à développer des méthodes d’évaluation avancées pour les algorithmes de cryptographie de nouvelle génération. Ils sont indispensables pour sécuriser les systèmes face aux défis émergents posés par l’ordinateur quantique et les menaces cyber.

La sécurité des échanges numériques repose aujourd’hui sur des clés de chiffrement que les futurs ordinateurs quantiques pourraient briser en quelques secondes. Face à cette menace imminente, la communauté internationale s’organise pour définir de nouveaux standards de protection. Dans ce contexte, le rapprochement stratégique s’inscrit entre le groupe d’électronique et de défense Thales et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Leur collaboration vise un objectif précis : éprouver la robustesse des futures solutions de sécurité avant leur déploiement massif. En anticipant les besoins de certification, ces deux entités entendent garantir la souveraineté numérique et la fiabilité des systèmes critiques de demain.

Un laboratoire commun face aux défis technologiques

La montée en puissance des technologies quantiques rend obsolètes les protections actuelles comme les protocoles RSA. Pour parer à cette éventualité, des algorithmes dits « post-quantiques » sont en cours de sélection par le NIST américain.

Toutefois, disposer d’un algorithme mathématiquement sûr ne suffit pas. Il faut encore s’assurer que son intégration dans des puces électroniques résiste aux attaques physiques. Il s’agit là de tout l’enjeu de cette alliance qui mobilise des ressources humaines hautement qualifiées.

En effet, l’excellence requise pour ces travaux de cryptanalyse attire des profils variés. Cela peut aller du chercheur en laboratoire au travailleur porté intervenant pour son expertise ultra-spécialisée sur des missions ponctuelles.

Ce partenariat se matérialise par la création d’une structure commune dédiée à l’évaluation sécuritaire. L’objectif est de stresser les nouvelles implémentations cryptographiques pour déceler la moindre faille. Les équipes vont se concentrer sur ce que l’on appelle les attaques par canaux auxiliaires ou par injection de fautes.

Ces techniques consistent à perturber volontairement un composant ou à analyser sa consommation d’énergie pour tenter d’en extraire des secrets. La mise en commun des outils de Thales et du savoir-faire du CEA-Leti permet de simuler ces agressions avec un réalisme inégalé.

La préparation des futures certifications européennes

Au-delà de la recherche pure, cette initiative vise une application industrielle concrète : la certification. Pour qu’une technologie soit adoptée par les États ou les opérateurs d’importance vitale, elle doit recevoir l’aval d’autorités comme l’ANSSI en France. Le laboratoire a donc pour mission de définir les méthodologies de test qui serviront de référence pour ces futurs agréments.

Selon un responsable de la sécurité des systèmes d’information chez Thales, cette coopération permet d’avoir un coup d’avance sur les exigences réglementaires à venir. Un travailleur porté peut d’ailleurs travailler sur ces projets, contribuant également à préparer les critères d’évaluation.  

En améliorant les critères d’évaluation, les puces et logiciels de demain doivent être conformes aux normes de sécurité les plus drastiques. Cela positionne l’industrie française comme un leader potentiel dans la fourniture de solutions de confiance à l’échelle européenne.

Plus que de la théorie, le projet tente de fournir aux développeurs des outils concrets. Ces derniers permettent de vérifier, dès la phase de conception, que leurs produits résisteront aux capacités de calcul démultipliées du futur. Cette approche proactive est essentielle pour sécuriser les données sensibles. Celles-ci peuvent être des documents d’identité électroniques, des transactions bancaires ou des communications militaires.

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