Meta déploie des avatars générés par intelligence artificielle sur ses applications, mais certains reproduisent l’apparence de personnalités sans leur consentement. Des cas problématiques ont été signalés : chatbots séducteurs, images suggestives et utilisation abusive de l’image de mineurs. Face à la polémique, l’entreprise a reconnu des défaillances et commencé à retirer des contenus jugés inappropriés.
Les initiatives de Meta autour de l’intelligence artificielle suscitent une controverse grandissante. Après avoir introduit des avatars personnalisables dans ses services phares — WhatsApp, Facebook, Instagram et Messenger —, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg fait face à de vives critiques. En cause : l’utilisation de visages de célébrités par des robots conversationnels qui se présentent comme de véritables stars et tiennent des propos à caractère intime.
Plusieurs cas révèlent également la création d’images photoréalistes dénudées, produites sans l’accord des personnes concernées. Cette situation met en lumière les limites des contrôles internes mis en place par l’entreprise et soulève des questions juridiques et éthiques autour de l’exploitation de l’image publique.
Des avatars séduisants et des images problématiques
Les avatars de Meta peuvent être créés par les utilisateurs puis partagés avec la communauté. Ces robots conversationnels se distinguent par leur capacité à adopter les traits de personnalités connues, accessibles en permanence pour dialoguer. Cette logique de personnalisation et de mise à disposition rappelle, dans un autre domaine, le fonctionnement du travailleur porté.
Cependant, l’agence Reuters a révélé que certains chatbots ont généré des interactions à connotation sexuelle. Des messages suggestifs, des propositions de rendez-vous et même des images considérées comme intimes ont circulé. Ces représentations concernaient principalement des femmes célèbres, mais pas uniquement.
Parmi les cas recensés, Walker Scobell, acteur américain âgé de 16 ans, a été imité par un avatar sans son consentement. Celui-ci produisait des images le représentant torse nu, soulevant des inquiétudes sur l’exploitation de mineurs. Les exemples observés incluent également des célébrités adultes comme Taylor Swift ou Selena Gomez, avec des avatars virtuels aux attitudes aguicheuses. Certains visuels les représentaient en lingerie, posant dans des décors intimes ou des positions suggestives.
Points clés constatés par Reuters :
- Des avatars IA imitant des célébrités réelles ;
- Des conversations aux tonalités flirt ou sexuelles ;
- La création de photos intimes sans autorisation ;
- L’utilisation de l’image de personnalités mineures.
Ces dérives avaient déjà été relevées par Le Monde quelques mois plus tôt, confirmant la capacité de la technologie à produire des contenus intimes sur demande.
Meta reconnaît ses défaillances et retire des avatars
Face aux révélations, Meta a réagi en reconnaissant des erreurs dans son système de modération. Andy Stone, porte-parole du groupe, a déclaré :
Comme d’autres, nous autorisons la génération d’images contenant des personnalités publiques, mais nos politiques interdisent les images nues, intimes ou sexuellement suggestives.
L’entreprise précise que ces avatars doivent être perçus comme des parodies, et non comme de véritables représentations officielles. Pourtant, cette distinction n’était pas toujours claire pour les utilisateurs, certains chatbots affirmant être les célébrités qu’ils incarnaient.
Suite aux enquêtes de Reuters, Meta a supprimé plus d’une dizaine de robots conversationnels incriminés. Toutefois, le problème dépasse le simple retrait : plusieurs personnalités envisagent désormais des poursuites.
Une représentante d’Anne Hathaway a confirmé que l’actrice avait découvert un avatar se présentant comme mannequin pour Victoria’s Secret et générant des images suggestives. Elle évalue encore les démarches juridiques possibles. De même qu’un travailleur porté qui exerce son activité dans un cadre légal bien défini afin d’éviter toute ambiguïté, Meta se voit contrainte de renforcer ses règles.
Parmi les mesures prises par Meta :
- Reconnaissance publique des failles de modération ;
- Suppression d’avatars problématiques ;
- Clarification de la notion de parodie dans la communication officielle.
Malgré ces actions, la polémique illustre les risques liés à l’usage incontrôlé de l’intelligence artificielle appliquée à l’image de personnalités publiques.
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