Un décret en préparation prévoit de rétablir l’âge d’accès à la retraite progressive à 60 ans, dès septembre 2025. Parallèlement à cette évolution, la CFDT plaide pour une extension de la réforme aux fonctionnaires hospitaliers et territoriaux. Malgré ses avantages, la retraite progressive demeure marginalement utilisée en France, avec seulement 0,2 % des retraités y ayant recours fin 2024.
La réforme des retraites de 2023 a marqué un tournant pour la retraite progressive. Auparavant exclusive aux employés du secteur privé, elle est désormais accessible aux agents de la fonction publique. Les conditions d’accès ont également évolué : alors qu’avant 2023, il fallait avoir 60 ans et justifier de 150 trimestres cotisés, l’âge minimal requis est passé à 62 ans, rendant l’accès à ce dispositif plus ardu.
Actuellement, le gouvernement travaille sur la mise en place d’un décret visant à rétablir l’âge d’accès à ce dispositif à 60 ans. Cette modification significative devrait prendre effet le 1er septembre 2025, et vise à offrir plus de flexibilité aux travailleurs approchant de la retraite.
Peu de Français profitent de la retraite progressive
Malgré son existence depuis plusieurs années, la retraite progressive demeure un dispositif marginalement utilisé par les Français. Les statistiques de France Travail indiquent que fin 2024, un peu plus de 31 000 personnes y avaient recours ; soit seulement 0,2 % de l’ensemble des retraités percevant une pension de droit direct. Pourtant, elle constitue un outil important pour améliorer le bien-être des travailleurs en fin de carrière.
Ce mécanisme présente plusieurs atouts. Il facilite une cessation progressive d’activité. De plus, il prend davantage en considération les aspects pénibles du travail. En outre, il contribue à maintenir une main-d’œuvre qualifiée et expérimentée au sein des organisations.
Autre bénéfice non négligeable : elle limite la chute brutale de revenus souvent observée au moment du départ à la retraite. Pour les indépendants, une évaluation des revenus en portage salarial peut s’avérer pertinente pour anticiper l’impact financier de cette transition.
A rappeler qu’à ce jour, pour bénéficier de la retraite progressive, il faut avoir validé au minimum 150 trimestres, tous régimes confondus. Le décret en préparation ne prévoit pas de modifier cette règle.
La CFDT plaide pour une réforme inclusive
Par le biais d’un communiqué rendu public vendredi, la CFDT a fait remarquer que :
« Le développement de la retraite progressive est un enjeu déterminant pour une plus grande liberté de choix des travailleurs et travailleuses dans l’organisation du travail et le passage à la retraite. »
La CFDT insiste également sur la nécessité d’élargir le champ d’application du projet de décret aux agents de la fonction publique hospitalière et territoriale. L’organisation syndicale note que, dans sa version actuelle, la réforme ne concernerait que les agents de l’État. Par ailleurs, il est conseillé de procéder à une évaluation des revenus en portage salarial afin de mesurer les conséquences sur la future pension.
Cette prise de position de la CFDT illustre la nécessité d’une concertation permanente entre les acteurs sociaux. Cet échange permettrait d’examiner et, si besoin, de modifier le cadre juridique de la retraite progressive.
Si ce dispositif représente une nouvelle option pour les salariés désirant moduler leur fin de carrière, les observations critiques mettent en évidence l’impératif d’une application à tous les domaines professionnels, afin d’assurer une transition équitable pour l’ensemble des travailleurs.
Enfin, autoriser l’accès à ce dispositif dès 60 ans pourrait avoir des effets positifs sur l’emploi, en libérant des postes pour les nouvelles générations. Plus largement, sa généralisation permettrait de mieux accompagner les fins de carrière, tout en limitant les coûts liés à la pénibilité au travail et en valorisant l’expérience des seniors dans l’économie.
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