Le Gitex Africa à Marrakech attire un nombre croissant d’investisseurs internationaux, dont des fonds français comme Breega et Partech ciblant les startups africaines. D’un côté, le Maroc ambitionne de devenir un centre majeur de l’innovation en Afrique, comme en témoigne l’accueil de Gitex Africa et son positionnement comme porte d’entrée du continent.
Étant donné la vitesse à laquelle les rapports de force internationaux se transforment, le Maroc est déterminé à ne pas rater cette occasion. Grâce au Gitex Africa, le royaume vise à projeter son image au-delà de ses limites nationales et continentales.
Naturellement, les jeunes pousses marocaines seront fortement présentes au Gitex Africa. Au nombre de 200, elles rivaliseront pour captiver l’attention des visiteurs internationaux dans cet événement qui se veut le VivaTech version africain. Toutefois, le Maroc ne peut se permettre l’autosatisfaction, car le Nigeria accueillera également une version du Gitex en septembre. Une initiative qui vise à susciter une forte émulation sur l’ensemble du continent africain.
Les investisseurs internationaux affluent à Marrakech
Pour sa 3e édition dans la cité ocre, le Gitex Africa ambitionne d’attirer 45 000 visiteurs de 130 nationalités différentes, une augmentation significative par rapport à la première édition (32 000 participants). L’événement accueillera 350 investisseurs, dont la moitié sont internationaux et un quart effectueront leur première visite au Maroc.
La liste des investisseurs présents à Marrakech inclut le PDG et co-fondateur de Breega Ben Marrel. Le fonds tricolore ayant lancé l’an passé 75 millions d’euros d’investissement pour les jeunes pousses africaines en amorçage et pré-amorçage, la présence de son co-fondateur est donc naturelle.
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Partech, un autre investissement français avait déjà lancé un fonds de 125 millions d’euros en 2018, puis en 2023, un second de 245 millions. L’Afrique du Sud, l’Égypte, le Kenya et le Nigeria sont les écosystèmes principaux visés, aux côtés de pays francophones comme le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Sénégal.
La présence française à Marrakech ne se limitera pas aux fonds d’investissement. Des entreprises françaises innovantes et des jeunes startups seront également présentes parmi les exposants. À l’instar d’OVHcloud, qui cherchera certainement à étendre sa présence au-delà de l’Amérique du Nord et de l’Europe.
Sur la décennie 2013-2023, le capital-risque africain a totalisé 20 milliards de dollars d’investissements, avec une forte accélération sur la fin de période. Puisque 68 % de ce montant a été injecté au cours des trois dernières années. Ce montant reste toutefois modeste pour un continent dont la population est estimée à 2,5 milliards en 2050 par l’ONU.
Le Maroc est le futur épicentre de l’innovation africaine
La tech africaine cherche à accélérer son développement, et Gitex Africa est un exemple des initiatives visant à la promouvoir mondialement. En 2023, le Maroc a accueilli Gitex Africa, une initiative pour en faire un pôle majeur de l’innovation à l’échelle continentale. Selon Marie-Albane Prieur de Bpifrance, le Maroc est une porte d’entrée pour toute l’Afrique.
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Si la francophonie est un atout dans plusieurs nations africaines, un excès de confiance pourrait nuire dès le départ aux chances de réussite des entrepreneurs français. Christian Byron (Unilever) a souligné lors d’un événement Frenchfounders que l’Afrique ne doit plus compter sur l’Europe seule, car l’Amérique du Sud et la Chine y sont également très présentes.
Marie-Albane Prieur abonde dans ce sens, soulignant le risque d’arrogance à croire que le monde attend l’Afrique alors que le pays n’est nullement attendu. Elle ajoute que la Turquie et le Royaume-Uni sont également des acteurs importants. La responsable du développement Export de Bpifrance continue en précisant :
« Il y a des opportunités, mais il faut être conscient et préparé. Il ne faut pas croire que c’est facile juste parce qu’on a la même langue. Et puis il faut avoir en tête que toutes les voies commerciales sont en train de se redessiner dans le contexte actuel. »
Dans sa stratégie de développement, le Maroc mise ainsi sur l’IA. Il a cofondé Curent AI, une initiative mondiale qui ambitionne de lever 2,5 milliards de dollars sur cinq ans pour des projets d’IA à vocation sociale. Logiquement, l’IA sera un sujet central au Gitex Africa, à l’image des autres salons internationaux. Preuve en est : 40 % des exposants y présentent des solutions basées sur l’IA.
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