Le CTO de 37signals, la société derrière Basecamp, porte un regard critique sur le serverless. Il en explique tous les points négatifs dans un article de blog. A ses yeux, cette solution est limitée pour les grandes entreprises et une perte pour les startups. Le responsable souligne que l’informatique sans serveur bénéficierait économiquement qu’aux hyperscalers.
Pour, David Heinemeier Hansson, le CTO de Basecamp, l’accroissement des investissements des fournisseurs de serverless ne serait pas un atout pour l’IT. Le cadre souligne une incohérence entre les besoins courants des entreprises et le modèle disponible. Pour lui, cette technologie cache une mécanique financière favorable aux fournisseurs de cloud.
Le CTO de Basecamp a décidé de ne plus utilisé le cloud public et a effectué des calculs pour avoir une idée des économies qu’il faisait en prenant cette décision. Le responsable dénonce désormais les pratiques commerciales des hyperscalers. Ces derniers affirment cependant que le serverless simplifie l’accès à l’IT.
Les failles du serverless
Pour David Heinemeier Hansson, l’informatique sans serveur est une solution inadaptée aux entreprises. Le responsable de 37signals estime en effet que cet outil est simplement un cloud partagé en plusieurs partitions. Par conséquent, les sociétés ne pourront pas utiliser l’infrastructure dans sa totalité. Selon le cadre, les hyperscalers exploitent un serveur important, le retranchent en plusieurs sous-parties et les revendent pour faire des bénéfices.
En plus d’être un outil limité, le serverless permet, selon M. Hansson, aux fournisseurs de cloud computing d’engranger des bénéfices colossaux.
Dans son article, David Heinemeier Hansson critique AWS, l’ancien fournisseur de cloud de sa société. Il affirme que la plateforme d’Amazon AWS connaît une forte demande en décembre, laissant une partie des ressources inutilisées pour le reste de l’année. Actuellement, c’est un cluster Dell qui accueille l’ensemble du système d’information de son entreprise.
Pour le CTO de Basecamp, le serverless n’apporte rien à l’équation fondamentale :
Le cloud est principalement destiné aux entreprises qui connaissent de fortes variations d’utilisation aux jeunes entreprises qui ont une activité insuffisante pour justifier la possession d’un serveur
Ainsi, selon lui, pour une startup ou une jeune entreprise de portage salarial comme CEGELEM, l’utilisation d’un cloud vaste n’entraînerait que du gaspillage. Pour Hansson, avec l’informatique sans serveur, le lock-in est conséquent et les cycles d’horloge coûteux.
Un billet de blog piquant
Dans son billet de blog, David Heinemeier Hansson s’en prend ouvertement aux pratiques des hyperscalers. Il y affirme que le serverless est une option qui n’est bénéfique qu’aux fournisseurs de cloud. Les clients, quant à eux, sont amenés à payer plus cher un module qui ne recouvrirait pas la totalité des besoins pour des requêtes régulières.
Pour lui, cette solution est aussi populaire parce qu’elle semble résoudre les problèmes d’obtention de serveur :
Le serverless est devenu un mantra parce qu’il apparaît encore juste assez magique
Dans son article, il invite les personnes à se poser des questions sur les principes fondamentaux du serverless. De plus, cette technologie permet aux entreprises d’obtenir un serveur temporairement.
Le CTO de 37signals explique que les adhérents au serverless ne peuvent que perdre :
Non seulement parce que vous payez plus cher pour les mêmes cycles d’horloge, mais aussi parce que le lock-in est immense.
Pour lui, la solution de performance et la réduction des coûts ne serviraient qu’à cacher la mécanique financière du serverless. Ce dernier est annoncé comme la clé aux problèmes de compétences ou une simplification de l’IT. C’est le cas pour une startup ou une entreprise de portage salarial comme CEGELEM. En revanche, pour les sociétés de grande envergure, y investir serait une perte.
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