Bruxelles estime nécessaire une refonte urgente du marché européen de l’électricité

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Les pays membres de l’Union européenne doivent à l’unanimité pour ce 2023 effectuer une réforme du marché de l’électricité. L’objectif étant de réduire la fluctuation des prix. En attendant cette modification, Madrid entend réclamer à Bruxelles une prolongation de l’exemption ibérique au système tarifaire dans le bloc. Une dérogation dont la fin a été initialement fixée en mai prochain.

Les industries au sein de l’Union européenne (UE) sont touchées par la volatilité et la hausse des prix de l’électricité. De nombreux États membres demandent pour cette raison une réforme d’urgence du marché. Elle est notamment souhaitée par l’Italie, la France ou encore l’Espagne.

Face aux reproches de certains pays, le bloc a décidé de travailler sur une refonte du mécanisme des tarifs. Les débats ont toutefois traîné ces derniers mois. D’autres États préfèrent miser sur une consolidation des interconnexions de réseaux européens ou la libre-concurrence pour faire diminuer les coûts. C’est le cas entre autres des Pays-Bas et de l’Autriche.

Les prix de l’électricité ont substantiellement flambé

Teresa Ribera, la ministre espagnole de la Transition écologique a déclaré que ce changement est indispensable afin de :

  • Rendre moins volatiles les tarifs de l’électricité ;
  • Garantir l’expansion des énergies renouvelables.

Selon elle, Madrid émettrait de nouvelles suggestions à la Commission européenne pour mettre à jour les règles dans l’UE.

Pour l’instant, tous les pays membres de l’Union sont soumis à un système unique d’estimation des tarifs de l’électricité. Le principe du coût marginal détermine les prix sur les marchés européens. Il suppose de se baser sur les dépenses de production de la centrale exploitée en dernier afin d’équilibrer le réseau. Il s’agit en général d’une centrale à gaz, où les charges variables équivalent au prix du combustible.

Les tarifs du gaz ont débuté à croître après l’hiver 2021 dès la relance post-pandémique de l’économie. Cette hausse s’est par la suite accentuée pendant l’attaque de l’Ukraine par la Russie. Un événement qui a débouché sur la diminution des importations de gaz de Moscou pour la consommation Européenne. En conséquence, les tarifs de l’électricité ont grimpé de façon exponentielle. Une flambée qui a sûrement affecté les travailleurs indépendants en portage salarial, entre autres. En été 2022, la barre des 1 000 euros par mégawattheure a été dépassée.

L’Espagne plaide pour un report de l’expiration de l’exception ibérique

La Commission européenne a accordé au Portugal et à l’Espagne la dérogation au mécanisme tarifaire de l’UE en juin dernier. Les deux pays ont argué que l’interconnexion entre eux et les autres États membres du bloc sont faibles. Dans les faits, cette exception ibérique permet de limiter le tarif gazier employé afin de produire l’électricité. Elle donne donc la possibilité de subventionner la génération d’électricité à l’aide de combustible. Une diminution significative des prix de l’électricité dans la péninsule ibérique a été amenée par le dispositif. Par contre la facture des usagers n’a en revanche pas diminué dans des proportions identiques. Une conséquence de l’instauration d’une nouvelle taxe nécessaire au financement de la subvention des centrales thermiques à CCG ou cycle combiné gaz.

Madrid désire reconduire au moins jusqu’au 31 décembre 2024 ce régime dérogatoire. Pendant un entretien donné le 9 janvier dernier à la chaîne de télévision Antena 3, Teresa Ribera a affirmé :

Nous voulons continuer à bénéficier de cette mesure exceptionnelle appliquée en Espagne et au Portugal. Nous allons donc demander que l’application de cette solution ibérique puisse être prolongée jusqu’à ce que les règles européennes soient modifiées.

Le motif invoqué par l’Espagne pour échapper au système tarifaire européen porte sur l’attente de la réforme. D’après la ministre espagnole de la Transition écologique, le déploiement de nouvelles règles de marché sur le Vieux Continent :

Peut prendre beaucoup de temps.

À titre indicatif, l’exemption ibérique doit en théorie être levée le 31 mai 2023.

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