Robotisation du travail : entre fantasme et réalité

L’économie est passée par plusieurs étapes. Par le passé, la force musculaire était la principale ressource utilisée par les hommes pour produire ce dont ils avaient besoin. On utilisait ainsi la force des hommes et celle des animaux pour travailler. Avec l’avènement des machines puissantes et intelligentes, certains observateurs envisagent désormais le remplacement complet de l’homme par les robots.

Le changement de mode de production : cause de la robotisation du travail

Pendant longtemps l’homme a travaillé pour subvenir à ses besoins aussi bien substantiels qu’autres. Cette forme d’économie qui se faisait à l’échelle familiale ou tribale a fonctionné jusqu’à l’avènement du boom scientifique et technologique. Ainsi, l’on est passé de la production pour la consommation personnelle à la production pour la commercialisation. À ce stade, les machines ont été introduites pour aider l’homme à réaliser les tâches quotidiennes. La modernisation des techniques de travail ainsi que l’avènement de l’intelligence artificielle propulsée par l’informatique ont permis l’émergence de machines capables d’accomplir les tâches humaines et alléger la pénibilité au travail.

La robotisation, une réalité déjà bien visible

Présents sous différentes formes, les robots sont utilisés dans divers lieux de travail pour faciliter la réalisation de diverses tâches. À titre d’exemple, il est possible de faire pousser des plantes sur un terrain sans jamais y mettre les pieds. De la graine à la récolte, la robotisation permet de réaliser un tel exploit, remplaçant ainsi de potentiels nombreux ouvriers. Grâce à des algorithmes, des microprogrammes sont capables de commander l’arrosage, le niveau d’humidité idéal pour tel type de plantes. Dans les usines de fabrication automobiles, il est courant de voir des robots soulever et assembler de lourdes pièces sous l’œil vigilant de contrôleurs (encore) humains. Dans les bureaux en ville, il suffit de converser avec son assistant informatique qui pourra par la suite rédiger un mail et l’envoyer à un destinataire. Les assistants virtuels deviennent de plus en plus puissants et anticipent parfois certains de nos besoins. Au Japon, le développement de l’intelligence artificielle permet de faire fonctionner des robots humanoïdes capables de servir d’agent d’accueil ou d’assistant de personnes vulnérables. Tous ces progrès font penser que l’avenir de l’humanité au travail tend à se robotiser. Il se pourrait même que l’homme soit définitivement remplacé par les robots.

Les progrès de la recherche et l’innovation dans les secteurs des intelligences artificielles sont pour le moins stupéfiants. Cette progression n’est pas prête à s’arrêter et les développeurs de ce secteur envisagent d’aller plus loin au point vouloir remplacer l’homme dans des questions subjectives comme le choix des verdicts en justice. Ainsi, le travailleur de demain sera selon cette tendance, une machine au service (rien n’est sûr) de l’homme.

Pour le moment, l’homme garde la main

Si les robots semblent envahir l’espace de l’humain et même le remplacer, la réalité est que l’homme demeure la ressource la plus utilisée dans le domaine professionnel. Il est vrai que pour le travail manuel les robots peuvent être plus efficaces, car ils sont capables de déployer plus de force et d’endurance que l’humain, car conçus ainsi. Mais il faut garder à l’esprit que les métiers plus complexes ne peuvent pas encore se départir de l’humain. En réalité, le robot n’est qu’une suite de commandes et de schémas programmés. Il est donc difficile pour un robot de remplacer pleinement la capacité de décision de l’humain. Pour rédiger un article scientifique ou pour enseigner dans une salle d’amphi, pour présider un conseil d’administration, le besoin de la chaleur humaine est indispensable. Il est vrai que le robot peut aider à faire des choix pour déterminer le meilleur des scénarios, il est vrai que les programmes qui y sont installés peuvent faire un calcul de probabilité plus précis qu’un humain, mais cette force n’est utilisée actuellement que pour compléter ou accélérer l’action de l’homme en milieu professionnel.

Réguler et réglementer l’utilisation des robots : de la recherche de l’efficacité à des questions éthiques

Il faut se rendre à l’évidence : une place occupée par un robot peut être une place perdue par un humain dans le lieu de travail. Par ailleurs, il est plus rassurant pour l’homme de savoir qu’il est soutenu par un autre homme que par un robot. La présence de robots dans les activités humaines et précisément dans le milieu professionnel peut poser un certain nombre de questions. Le débat a été posé concernant la possibilité d’utiliser les robots pour décider si un homme est coupable ou non d’un crime, ou quelle sanction lui donner. Cela soulève chez certains une inquiétude pour ce sentiment de déshumanisation vers lequel on se dirige. Mais que l’on soit pour ou contre la robotisation du travail, il faut encore attendre plusieurs temps avant de voir des robots remplacer l’homme dans toutes les activités.