Portage salarial, auto-entrepreneuriat, quels intérêts au cumul ?

Travailler à son propre est devenu un choix très charmant et de plus en plus sollicité par les personnes dynamiques. En portage salarial ou en auto-entrepreneuriat, le travailleur autonome dispose de nombreux avantages liés à l’indépendance de son activité. Que se passerait-il si on cumulait les deux statuts ? Nous vous en disons plus dans cet article.

Portage salarial ou auto-entrepreneuriat quel statut choisir ?

Les deux statuts qualifient une activité indépendante, mais présentent des différences à plusieurs niveaux, chacun ayant des avantages et des inconvénients.

Le statut social

La première différence que l’on peut déceler au niveau de ces deux formes de travail c’est le statut social du travailleur. En portage salarial, le travailleur est salarié auprès d’une société de portage. Il bénéficie du statut d’un travailleur classique ainsi que tous les avantages inhérents. Il s’agit des droits de chômage, le droit aux congés payés, des cotisations sociales et autres avantages dont bénéficient habituellement tous les salariés. Par contre, un auto-entrepreneur est soumis au régime social des indépendants(RSI), il doit donc remplir toutes les formalités du travailleur indépendant.

Les cotisations sociales

Dans les deux cas d’espèce, le travailleur a droit aux cotisations sociales, cependant les bases de calcul sont différentes. Lorsque vous êtes auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur, vous êtes tenus de remplir une déclaration d’activité. Sur la base de cette déclaration qui peut se faire chaque mois ou par trimestre, les montants de vos cotisations seront déterminés. Il est cependant important de spécifier que la cotisation n’est pas au nom de l’auto-entrepreneur mais de l’activité. Une cotisation est par ailleurs effectuée sur les prestations de service ; celle-ci s’élève à un peu plus de 22 % du chiffre d’affaires pour toute micro-entreprise proposant une activité de service. Ce taux est valable uniquement pour les micros-entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 70 000 € ; au-delà de ce seuil, l’auto-entreprise perd son statut de micro-entreprise et bascule sur le régime général.

Si par contre vous êtes salarié porté, les cotisations sociales se rapportent à celles d’un salarié classique. Aucune restriction liée à l’évolution de l’activité n’est imposée, le montant des cotisations sociales est calculé sur la base de son salaire, et ce quel qu’en soit le montant.

Les éléments de couverture sociale dans les deux formules

L’auto – entrepreneur est sous le régime social des indépendants (RSI), et en tant que tel, ne bénéficie que d’une couverture sociale minime. Pas de droit au chômage, couverture sanitaire très faible, etc. Le salarié porté quant à lui est pleinement couvert par l’administration à travers des cotisations retraite, chômage, une bonne couverture santé et autres avantages offerts aux salariés.

Les charges administratives

Toutes les charges liées aux déclarations, au paiement des factures reposent sur l’auto-entrepreneur. Ce dernier doit tenir une comptabilité irréprochable, effectuer ses déclarations d’impôts régulièrement (tous les mois ou tous les trimestres). Dans le cas du portage salarial, toutes les formalités administratives sont à la charge de la société de portage l’entrepreneur (salarié porté) se contentant d’effectuer sa tâche et de percevoir son salaire.

Quels avantages en cas de cumul des deux statuts ?

D’une façon ingénieuse, vous pouvez parfaitement adopter en même temps la posture d’un auto-entrepreneur et d’un salarié porté. Le but ici est de tirer profit des avantages qu’offrent les deux statuts tout en minimisant les charges pouvant se révéler lourdes.

Deux options sont possibles à ce niveau : vous avez une activité principale en auto – entrepreneuriat et vous y greffez un statut de salarié porté, ou alors vous faites l’inverse. Pour une activité rentable, la mise en avant du statut d’auto – entrepreneur serait un atout, car vous permettra de tirer profit des avantages du régime micro-social. Par contre, si le chiffre d’affaires de votre micro – entreprise s’accroît, dépassant les 70 000 €, vous pourriez facturer vos prestations en portage salarial afin de ne pas subir la rigueur du régime général.

Par ailleurs, les frais professionnels étant déductibles d’impôts, il est préférable de mettre en avant le statut de salarié porté, si votre activité entraîne plusieurs frais professionnels. Ceci permettra de réduire votre base d’imposition, ce qui est tout à votre avantage.

Le cumul du portage salarial et de l’auto-entrepreneuriat vous permet d’avoir un portefeuille client varié. Pour des missions indépendantes en auto-entrepreneuriat, vous aurez plus à faire aux petits clients, par contre en portage salarial, vous aurez affaire à des clients plus importants.

Les avantages tirés par le cumul des deux statuts dépendent aussi des aspirations de l’entrepreneur. Si vous êtes solitaire et carriériste, il sera préférable de mettre en avant l’auto-entrepreneuriat afin de mener vous-même votre activité. Si par contre vous préférez bénéficier d’un accompagnement, le port d’une casquette de salarié porté est la meilleure option pour vous.