Journée de solidarité : le lundi de Pentecôte est-il férié ?

Religion et travail sont deux aspects importants dans la vie sociétale. Pour certains, il est impossible de les dissocier. Il serait donc inenvisageable de choisir entre travail et religion, surtout lorsque l’aspect religieux revêt une importance particulière. Dans cette perspective, comment considérer le lundi de la Pentecôte en France ? Est-il férié ou faut-il le considérer comme un jour ordinaire ?

Code du travail et célébration de la Pentecôte

Le lundi de la Pentecôte est l’un des 11 jours fériés autorisés par le Code du travail français, dans son article L.3133-1.Toutefois, le même code (dans son article L.3133-4) précise que ce jour est un jour férié ordinaire. Seul le premier mai est considéré comme un jour férié obligatoirement chômé et payé en France. Cependant, depuis que ce lundi de Pentecôte a été voté comme étant journée de solidarité après la loi du 30 juin 2004, cette disposition est devenue de moins en moins courante.

Pour les juifs et les chrétiens, la Pentecôte est l’une des célébrations les plus importantes de l’année. Elle commémore la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. Elle se célèbre tous les ans exactement 7 semaines (le 50ème jour) après le deuxième jour de la pâque.

En effet, toute vie chrétienne prend du sens à partir de la mort et de la résurrection de Jésus Christ. La Pentecôte est donc une célébration particulière pour les chrétiens et les juifs. Tous les chrétiens participent à la célébration de cette fête, qu’ils soient salariés ou non. C’est certainement pour cette raison que le Code du travail l’inclut parmi les jours fériés autorisés. Mais le lundi de la Pentecôte représente un jour férié ordinaire.

La Pentecôte : un jour férié comme les autres

D’après le Code de travail en vigueur en France, le 1er mai, qui est le jour de la fête des travailleurs et du travail est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé. Ce qui signifie que tous les autres jours fériés peuvent être travaillés ou non, en fonction des conventions collectives ou de la charte de l’entreprise. Le lundi de la Pentecôte est donc un férié ordinaire, qui ne s’accompagne d’aucune obligation. D’après une loi signée en 2004, la journée de la solidarité se célèbre le lundi de la Pentecôte. Mais depuis 2008, il n’est plus automatique que ces deux célébrations se tiennent le même jour. Pour beaucoup de travailleurs, le lundi de la Pentecôte est désormais considéré comme un jour férié chômé et payé.

D’autres employeurs quant à eux continuent de faire travailler les salariés ce jour, qui est pourtant considéré comme férié. Pourtant la loi ne prévoit aucune disposition particulière ni aucune forme de rémunération pour les salariés qui viendraient travailler le lundi de la Pentecôte ; exception faite des accords des conventions collectives.

Cependant, le Code du travail prévoit certains cas considérés comme exceptionnels. L’article L.3164-6 vigueur énonce le fait que les jeunes salariés de moins de 18 ans ne sont pas tenus de travailler le lundi de la Pentecôte. Ils doivent donc observer un repos obligatoire, tel que prévu par la loi.

Dans les secteurs tels que la restauration, l’hôtellerie et autres activités similaires, un accord peut être signé dans le but de définir les conditions de travail le jour de la Pentecôte. Toutefois cela n’est valable que dans le cas où ces employés mineurs bénéficient déjà du repos hebdomadaire tel que prévu dans l’article L.3164-8du code du travail.

Pentecôte et journée de solidarité

En règle générale, la journée de solidarité concerne tous les salariés d’une entreprise, exception faite des stagiaires. En effet, ce jour férié peut être considéré comme chômé et payé en fonction des dispositions prévues par la charte de l’entreprise. Depuis 2008, le lundi de la Pentecôte n’est plus obligatoirement considéré comme journée de solidarité. Mais si ce jour ne fait pas obligatoirement office de journée de solidarité, il peut être considéré comme jour d’aide aux personnes âgées.

Dans certains cas, le salarié pourrait bénéficier d’une majoration de sa rémunération, uniquement si l’employeur en a décidé ainsi. Cela n’est pas obligatoire, mais pas impossible. Dans certaines entreprises, les salariés qui travaillent le lundi de la Pentecôte peuvent bénéficier d’une journée de réduction du temps de travail ou d’un jour de congé payé. Tout dépend comme déjà dit des conventions et accords signés par l’entreprise.

Dans la mesure où le lundi de la Pentecôte n’est pas fixé comme étant journée de solidarité, il reste une journée fériée ordinaire et l’employeur pourra donc imposer à ses salariés (en CDD ou en CDI) de travailler ce jour. Cependant, la loi prévoit que les salariés ayant moins de trois mois d’ancienneté au sein de l’entreprise ne pourront pas être rémunérés ce jour.