Faut-il absolument démissionner lors de la création d’une entreprise ?

Envie de mettre sur pied votre propre affaire ? Vous vous posez la question de savoir si vous allez devoir démissionner. Sera-t-il possible pour vous de gérer la pression entre vos horaires de travail et votre entreprise ? Le choix est difficile, mais ne prenez pas tout de suite la décision de quitter votre emploi, il y a bien d’autres alternatives.

Que faire si je veux mettre sur pieds mon entreprise ?

La première option lorsqu’on pense à se mettre à son propre compte est de démissionner parce qu’il va falloir consacrer tout son temps à son affaire si on veut qu’elle prospère. Pourtant démissionner sur le coup serait prendre une décision à la hâte. La démission vous retranche de nombreux avantages dont bénéficient les demandeurs d’emploi. Vous n’avez pas la certitude que le projet va porter des fruits, il est donc mieux de prendre des dispositions pour ne pas se retrouver au point de non-retour.

Cas d’une démission

Vous avez décidé de mettre fin à votre contrat de travail pour vous consacrer à la création de votre entreprise, quelles sont les implications.

Les conditions à remplir

De prime abord, il faut savoir que seuls les salariés en CDI peuvent prétendre à une démission pour créer leur entreprise. Pour les salariés en CDD, vous avez l’obligation de terminer votre contrat. Si vous êtes donc en CDI et que vous décidez de démissionner, vous avez le devoir de respecter le délai de préavis vis-à-vis de votre employeur. Ceci signifie que votre départ doit être programmé en tenant compte de ce délai de préavis. Dans certains cas, l’employé est tenu au respect de la non-concurrence, ce qui voudrait dire que même après sa démission, il sera dans l’incapacité de créer son entreprise si elle fait concurrence à son employeur. Pour cela, l’employeur est tenu de lui reverser des indemnités. Si par contre, aucune clause de votre contrat ne l’interdit, vous pouvez créer votre entreprise et même bénéficier pendant la première année, d’une exonération des charges sociales, à condition que votre revenu représente 120 % du SMIC.

Les risques liés à la démission

Les raisons pour lesquelles vous avez opté pour une démission sont capitales, mais il ne faut pas perdre de vue que quitter son travail entraîne des conséquences. Le premier inconvénient est que vous ne pourrez plus bénéficier des allocations chômage. Des allocations qui pourtant sont un réel soutien lorsque vous êtes en plein lancement d’une activité indépendante. Le seul moyen de survivre pendant les débuts de votre activité est donc de prévoir une forte somme d’argent avant le lancement. Au meilleur des cas, vous pouvez mettre sur pied une activité rapidement productive, afin de bénéficier au plus tôt du retour sur votre investissement.

Des alternatives à la démission

Il y a quelques possibilités qui vous permettent de créer votre entreprise sans être obligé de démissionner.Certes elles présentent également des contraintes, mais restent faisables dans certains cas.

Continuer à travailler tout en exerçant votre activité

Vous pouvez tout simplement décider de créer votre entreprise sans déposer votre démission. Cependant, votre entreprise ne doit pas nuire à votre employeur, de même que vous ne devez faillir à aucune de vos obligations professionnelles. Cette formule est assez contraignante, car si votre entreprise est individuelle, la gestion des formalités administratives repose entièrement sur vous. Il faut trouver le moyen de concilier parfaitement les deux sous peine de perdre votre emploi et peut être votre entreprise. Pour que la conciliation entre votre travail et votre entreprise puisse marcher, vous devez avoir des horaires flexibles.

Prendre un congé sabbatique ou congé de création d’entreprises

C’est un congé accordé au salarié désireux de démarrer une activité personnelle. Ce dispositif donne la latitude au professionnel de regagner son poste au sein de l’entreprise dans le cas où son activité ne serait pas fructueuse. Le congé sabbatique a une durée d’un an et peut être renouvelable une fois. Cependant, vous ne bénéficiez d’aucune indemnité durant cette période d’inactivité.

Les conditions à remplir pour bénéficier d’un congé sabbatique

Pour bénéficier de ce congé, le salarié doit avoir au minimum 2 ans d’ancienneté au sein de l’entreprise et ne pas avoir bénéficié de ce dispositif au cours des 3 dernières années.Il faut au préalable informer l’employeur de votre projet de création d’entreprises en précisant l’activité principale. Vous devez également déposer votre lettre recommandée deux mois avant votre date de départ. Si par ailleurs, plusieurs employés bénéficient déjà du dispositif, vous pourriez avoir un report de l’employeur.

Basculer sur le travail à temps partiel

Une autre possibilité de créer votre entreprise sans avoir à démissionner au préalable est de basculer votre travail en temps partiel. En travaillant à mi-temps, vous aurez plus de temps pour assurer la gestion de votre entreprise tout en remplissant vos obligations auprès de votre employeur.