Un capital de 34 millions d’euros réunis par Fairmat pour développer ses activités de recyclage

Fairmat souhaite augmenter sa capacité et produire jusqu’à 3 000 tonnes de matériaux par an. Opérant actuellement à Nantes, l’entreprise projette également de multiplier ses sites de production. Une nouvelle levée de fonds a été organisée pour disposer du capital nécessaire à la réalisation de ces objectifs. Celle-ci a vu la participation des premiers investisseurs à l’instar de Temasek.

L’extension de ses activités représente l’une des priorités de Fairmat, entreprise spécialisée dans le recyclage. Cette structure travaille sur les matériaux les plus résistants pour lesquels les techniques de recyclage usuelles ne sont pas efficaces. C’est le cas de la fibre de carbone. Par ailleurs, Fairmat souhaite réduire davantage les déchets issus de ce matériau véhiculé en grande quantité en Europe.

L’entreprise vise aussi une présence à l’internationale. Les États-Unis constituent l’une de ses cibles en raison du volume de fibre de carbone produit dans le pays. Pour parvenir à ces objectifs, Fairmat a sollicité l’aide des investisseurs. Une collecte de fonds a été réalisée dans ce cadre.

De nouveaux sites de production aux États-Unis

L’Europe, l’Asie et les États-Unis ont en commun un important volume de fibre de carbone qu’ils véhiculent. Ils sont considérés aujourd’hui comme les endroits où résident les plus grands gisements de ce matériau. Le but avoué de Fairmat est que soit arrêté définitivement l’enterrement des déchets issus de ce composant. L’installation de nouveaux sites de production satellites aux États-Unis figure parmi ses projets pour y parvenir. Ces nouvelles usines devraient être opérationnelles d’ici 2024. L’entreprise travaille également sur l’ouverture d’un nouveau bureau en Allemagne après celui d’Espagne.

L’objectif en matière de production est d’atteindre 3 000 tonnes par an. Le site de Nantes enregistre actuellement une production annuelle de 200 tonnes. Les activités sont menées par 80 employés à ce jour. Fairmat envisage de recruter deux fois de plus de personnes dès que sa situation le permettra. À terme, l’entreprise devrait réunir jusqu’à 400 salariés. Certains postes pourront être occupés par des travailleurs indépendants affiliés à une entreprise de portage salarial.

Son deuxième tour des investisseurs a permis à Fairmat de collecter 34 millions d’euros. L’entreprise a réuni 8,6 millions d’euros avec la première opération. Temasek, un fonds d’investissement de Singapour, s’est chargé de l’organisation de la deuxième levée de fonds. Il a été épaulé par le groupe Compagnie nationale à Portefeuille (CNP) de Belgique.

Des technologies innovantes

Parmi les investisseurs dans le nouveau projet de Fairmat figurent :

  • Le fonds Singular, qui faisait déjà partie des investisseurs lors de la précédente levée de fonds ;
  • La branche londonienne de The Friedkin Group International. Il s’agit d’un consortium américain qui réunit des entreprises automobiles et hôtelières ;
  • Pictet Group, un groupe suisse spécialisé dans la gestion de fortunes et d’actifs.

Fairmat a mis au point de nouvelles technologies transformant les composants tels que la fibre de carbone en minuscules briques. Les matériaux obtenus de ce processus de recyclage peuvent servir à différentes utilisations, dont la fabrication d’éléments divers :

  • Mobiliers ;
  • Équipements électriques ;
  • Raquettes ou semelles pour chaussures de sport.

La technique exploitée par Fairmat repose sur l’utilisation de robots intelligents pour découper les matériaux. Une autre technologie conçue par l’entreprise permet de réunir les briques obtenues pour former un nouveau matériau.

L’entreprise recycle les fibres de carbone provenant de l’industrie aéronautique et éolienne. La structure a également relevé de nouvelles opportunités dans l’industrie hydrogène. Elle collabore avec des groupes européens et valorise 35 % des déchets en fibre de carbone en Europe.

Les techniques de recyclage classiques recourent à un produit chimique ou à la chaleur. Ils sont utilisés pour faire fondre le matériau. Ces méthodes ne sont pas adaptées pour traiter les matériaux avancés tels que le carbone.

Voir aussi :