Comment réduire les risques du travail isolé ?

L’isolement dans un contexte professionnel peut tout aussi bien conduire à un mal psychique que physique. Sentiment de solitude, mal être, accident… Les risques du travail isolé existent bel et bien pour les salariés comme pour les indépendants. Alors quelles solutions mettre en place pour résoudre ce problème qui a tendance à se développer ?

Risque du travail isolé, définition

Le travailleur isolé est une personne qui ne peut être vu ni entendu directement par d’autres personnes. Le salarié en situation d’isolement évolue également dans un cadre où les probabilités de visite sont faibles. En période de pandémie, les risques de travail isolé sont accrus, notamment quand le télétravail est privilégié.

L’isolement peut-être choisi, subi, temporaire ou permanent. Dans tous les cas de figure, travailler seul peut entrainer des situations critiques notamment en cas d’accident. Si un problème survient, il n’y a personne pour porter assistance ou prévenir les secours. Dans une démarche de prévention des risques dans l’entreprise, l’employeur doit donc accorder beaucoup d’importance aux situations de travail isolé.

 

Comment identifier les risques du travail isolé ?

On pense que les travailleurs isolés sont facilement identifiables dans l’entreprise. Pourtant, une situation d’isolement est souvent mal repérée :

  • Elle peut être physique, quand le salarié travaille de chez lui, dans un autre bureau éloigné ou dans un atelier sans collègues.
  • Elle peut être aussi psychique. Le travailleur isolé adopte une attitude renfermée, il se coupe de ses collègues en écoutant de la musique à son poste grâce à un casque, il prend ses pauses seul, n’interagit avec personnes…

6 employés sur 10 avouent d’ailleurs se sentir parfois seuls même au sein de leur service. Afin de repérer ce genre de situation et anticiper les risques liés au travail isolé, l’employeur se doit de suivre de près l’environnement de chacun de ses employés :

  • Lieu de travail
  • Implémentation du poste
  • Horaires
  • Roulement des équipes…

 

Le cas des travailleurs indépendants

Les travailleurs indépendants qui représentent environ 12 % de la population active sont des coutumiers du travail isolé. Certains métiers n’ont pas besoin de s’exercer en entreprise, beaucoup d’indépendants travaillent régulièrement à distance. Le sentiment de solitude est souvent fort. Heureusement, il existe des solutions. Les micro-entrepreneurs ou freelances peuvent choisir de travailler de temps en temps dans les locaux de leur entreprise cliente pour assister à des réunions opérationnelles par exemple. Ils peuvent aussi rejoindre un incubateur ou un espace de coworking. Cette dernière solution permet de réduire les risques de travail isolé et peut aussi s’avérer bénéfique de bien d’autres manières :

  • Elargir son réseau professionnel
  • Dynamiser son développement en nouant des partenariats avec des freelances aux compétences complémentaires
  • Echanger en direct avec d’autres indépendants et obtenir des conseils
  • Profiter d’une salle de réunion pour accueillir des clients…

 

Même s’il faut souvent payer sa place dans un espace de coworking, le jeu peut en valoir la chandelle tant sur le plan du bien-être du travailleur indépendant que sur le développement de sa microentreprise.

 

Quels sont les risques du travail isolé exactement ?

Être dans l’impossibilité de contacter les secours est le risque majeur du travail isolé. Du fait de l’isolement, Il n’y a personne pour porter assistance à un blessé ou prévenir les pompiers. Il est également reconnu qu’un travailleur isolé peut avoir des réactions inadaptées qui déclenchent ensuite un accident.

Certaines populations dans l’entreprise sont plus à risques que d’autres, c’est le cas notamment :

  • Des travailleurs temporaires ou nouveaux embauchés qui sont peu ou pas formés aux risques liés à l’environnement de travail
  • Le personnel qui exerce ses fonctions dans des endroits dangereux (entretien, maintenance…)
  • Les employés isolés qui sont en charge de la sécurité des autres
  • Les remplaçants ponctuels de salariés qui travaillent à des postes dangereux

Comment anticiper les risques du travail isolé ?

La prévention des risques du travail isolé s’effectue à 2 niveaux. Tout d’abord d’un point de vue organisationnel, l’employeur peut mettre en place des actions visant à prévenir les risques :

  • Améliorer et sécuriser totalement les postes de travail
  • Organiser les emplois du temps de manière à réduire la durée et la récurrence des tâches à effectuer dans une situation d’isolement
  • Limiter au maximum le nombre de postes de travail dangereux et isolés pour privilégier le travail en équipe
  • Former régulièrement le personnel à la prévention des risques en entreprise
  • Contacter fréquemment le travailleur isolé afin de vérifier qu’il va bien

Au niveau matériel, s’il n’est pas envisageable de modifier l’organisation pour limiter les risques liés au travail isolé, il est aussi possible de mettre en place un système de surveillance à distance ou d’équiper le travailleur d’un DATI (dispositif d’alarme du travailleur isolé). En cas de problème ou d’accident, les secours peuvent être rapidement avertis.

N’oublions pas non plus qu’en termes d’efficacité, il est reconnu que travailler en équipe permet aux salariés d’être plus efficaces, créatifs et productifs.

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