L’inflation a atteint un taux sans précédent en Europe

La présidente de la Banque centrale européenne a refusé d’indexer les rémunérations des salariés de l’organisme sur l’inflation. Cette décision contrarie ces travailleurs, alors que cette dernière s’établit à un niveau record. De son côté, la dirigeante a justifié qu’une indexation n’est « ni voulue ni souhaitable ». En réponse à cette accentuation des prix, son équipe prévoit d’autres mesures.

En avril 2022, l’inflation dans l’Union européenne (UE) est montée à un stade inouï. Eurostat a révélé qu’en 12 mois, elle a grimpé à 7,5 %. Un taux qui dépasse largement celui que la Banque centrale européenne (BCE) a visé (2 %). Ce grand écart s’explique d’une part par l’exacerbation des tarifs de plusieurs biens, qui subissent une pénurie. D’autre part, il découle de l’amplification des coûts de l’énergie, provoquée par la crise ukrainienne.

En réaction à cette envolée considérable des prix, la BCE songe à standardiser graduellement sa politique expansionniste. Durant l’été prochain, ses taux d’intérêt pourraient alors être redressés, ce qui constituerait une situation inédite depuis dix ans.

La BCE veut empêcher la survenance d’une spirale prix/salaires

Au sein de la BCE et par plusieurs citoyens européens en dehors, une inquiétude sur cette inflation notable est manifestée. Cette préoccupation, Christine Lagarde, la présidente de cette entité bancaire, déclare la comprendre. En parallèle, elle rappelle toutefois que la mission principale de l’institution monétaire prime sur la stabilité des prix. Pour indication, celle-ci consiste à abaisser l’inflation à 2 % à terme.

Pour cette raison, l’ancienne patronne du FMI s’est prononcée contre l’indexation des rémunérations des salariés de la BCE sur l’inflation. En effet, la banque centrale des pays de l’UE entend protéger la zone euro d’une spirale prix/salaires. Au lendemain d’une entrevue de dialogue social avec les employés de l’organisme, Christine Lagarde a insisté le 5 mai dernier :

Une indexation des salaires à l’inflation n’est ni souhaitable ni voulue.

À titre informatif, les augmentations salariales à la BCE dépendent de la variation des rémunérations au sein :

● Des autres institutions comme le Parlement ou le Conseil européen ;

● Des banques centrales des 19 pays de la zone euro.

Sur le même sujet, l’on recommande aux consultants portés d’effectuer une simulation portage salarial. Ceci pour voir si leur entreprise d’affiliation a rehaussé leur paie dans ce contexte d’inflation.

La politique salariale de la BCE suscite l’ire de ses employés

Le vice-président du syndicat IPSO au sein de la BCE, Carlos Bowles s’est exprimé sur la décision de Christine Lagarde. D’après lui, leur salaire a dorénavant diminué de 6 % et les dirigeants de l’institution leur disent :

[…] Ainsi qu’à tous les salariés européens, d’encaisser le coup dans l’intérêt du maintien de la stabilité des prix.

Il a pesté que comme d’autres travailleurs au sein de l’UE, ils refusent de suivre cette logique, puisque :

La stabilité des prix, c’est avant tout protéger le pouvoir d’achat des gens !

En janvier 2022, les 3 700 employés de la Banque centrale européenne ont obtenu une amélioration salariale de 1,48 %. Le refus de l’indexation susmentionnée intervient à un moment où la BCE souligne constamment l’importance d’éviter les « effets de second tour ». Ce phénomène se produisant lorsque l’inflation occasionne de plus conséquentes demandes salariales qui, à leur tour, intensifient les prix.

 

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