Les réductions d’effectif s’amplifient dans les start-ups européennes

Les start-ups du Vieux Continent sont depuis quelques semaines confrontées à un affaiblissement des récoltes de fonds. Nombre d’entre elles ont alors engagé de conséquentes coupes budgétaires en réponse à cette conjoncture. C’est le cas notamment des plateformes de quick commerce Getir ou Gorrillas. Dans le secteur financier, la jeune pousse Klarna a pareillement pris cette disposition.

Dans l’univers des start-ups, la vague de licenciements qui a débuté outre-Atlantique a atteint l’Europe. Depuis quelques semaines, de nombreuses jeunes pousses célèbres ont décidé de compresser leur personnel. Le média Stifted dévoile par exemple que 26 salariés ont dû quitter. Ce qui représente 26 % des effectifs de la Fintech. Son concurrent suédois Klarna s’est quant à lui séparé de 700 employés (10 % de sa masse salariale). Dans le secteur de la santé numérique, Kry, qui recensait jusqu’alors 1 000 collaborateurs, en a licencié 100. Pour sa part, le spécialiste britannique de l’évènementiel Hopin a supprimé 138 postes (12 % des effectifs).

Gorillas veut se tourner davantage vers la rentabilité

Aux Français concernés par ces mesures, l’on signalera qu’il est possible de cumuler portage salarial et chômage. Durant leur recherche de nouvel emploi, ils pourront en effet en même temps :

● Exercer une activité partielle dans le cadre de ce dispositif et percevoir une rémunération y afférente ;

● Toucher des indemnités chômage.

Dans la filière de la livraison de courses ultrarapides, des réductions de personnel ont aussi été annoncées. La start-up originaire de Turquie Getir s’apprête à remercier quelque 4 500 employés, soit 14 % de son personnel. Cette mesure a été prise après la campagne de financement de mars dernier, bouclée à 768 millions de dollars. Une opération qui a porté la valorisation de la licorne à 12 milliards de dollars.

Gorillas renvoie de son côté 300 employés (2 % de sa masse salariale) de son quartier général à Berlin. La société qui s’est emparée de Frichti en janvier 2022 explique vouloir appuyer sa recherche de la rentabilité.

Ces enseignes de quick commerce perdent énormément d’argent en :

● Effectuant de la publicité sur tous les supports possibles ;

● Submergeant les consommateurs de coupons de réduction.

Leurs livreurs travaillent par ailleurs en contrat à durée indéterminée, contrairement à ceux des plateformes de VTC. Pourtant, un tel modèle économique nuit à leur rentabilité à moyen ou court terme.

Les start-ups françaises doivent redoubler de prudence

Jusqu’à maintenant, aucune enseigne française n’a évoqué de gels ou de projets d’ampleur d’embauche. Dans les prochains mois, la maîtrise des dépenses sera toutefois de plus en plus renforcée. Les diminutions surviendront principalement chez les start-ups bientôt en manque de

financement. Un associé chez Earlybird déclarait récemment aux Échos qu’ils recommandent à leurs jeunes pousses :

[…] De faire attention à leur cash, de revoir leurs plans de recrutement, l’acquisition marketing et le déploiement international. Il vaut mieux montrer une traction locale qu’attaquer plusieurs marchés.

À noter que la présente année diffère complètement de la précédente. Depuis quelques semaines, le capital-risque a évolué moins rapidement alors qu’en 2021, les récoltes de fonds ont connu des exploits. 11,6 milliards d’euros ont été levés en France sur cet exercice. À l’échelle européenne, le total s’élève à quelque 120 milliards d’euros.

Autour du globe, les start-ups ont récolté entre janvier-mars 2022 143,9 milliards de dollars, selon CB Insights. Un recul de 19 % a été remarqué par rapport à octobre-décembre 2021. Entre les deux intervalles, le nombre de levées de fonds s’est amenui de 4,5 %. C’est cette baisse du financement qui a poussé plusieurs jeunes pousses à amorcer des licenciements.

Voir aussi :