La distance entre le lieu de travail et le domicile considérée lors d’une demande de crédit immobilier

La liste des critères d’évaluation de dossiers s’allonge chez les banques. Une étude de la plateforme Vousfinancier indique qu’elles sont désormais attentives à la distance parcourue pour se rendre au travail. Il s’agit d’une manière d’évaluer les dépenses du ménage et sa capacité à rembourser le prêt. Cet élément vient néanmoins s’ajouter à des paramètres des dossiers qui sont déjà nombreux à l’heure actuelle.

Les banques en France se montrent de plus en plus exigeantes envers les candidats au prêt immobilier. En cause, le contexte économique marqué par la guerre en Ukraine qui évolue avec l’inflation. Leur capacité de remboursement fait ainsi l’objet d’une attention particulière et les critères pris en compte pour l’évaluer se multiplient. Certains établissements privilégient les ménages pouvant se constituer une épargne parallèlement à leur projet immobilier. Et pourtant, le montant de l’apport personnel a déjà subi une hausse dernièrement. Une étude réalisée par Vousfinancier révèle également que les établissements prêteurs s’attardent sur les dépenses en carburant. Le trajet entre le domicile et le lieu de travail devient ainsi un paramètre que plusieurs d’entre eux prennent en considération.

Un taux d’endettement limité à 30 % pour les plus éloignés

L’étude a été réalisée auprès de courtiers opérant en France. Pour rappel, ce métier peut être exercé avec un contrat de portage salarial immobilier.

Les résultats de l’investigation indiquent que les banques s’intéressent davantage à l’emplacement du bien convoité par l’emprunteur. Elles s’attardent notamment sur la distance à parcourir pour se rendre sur le lieu de travail. Les frais alloués au carburant sont l’élément qui les intéresse ainsi que la nécessité éventuelle d’une deuxième voiture. Elles peuvent en effet peser sur le revenu du ménage et sa capacité à rembourser son prêt. Plusieurs établissements se montrent ainsi réticents dès que la distance dépasse 50 kilomètres. Ils se limitent parfois à un taux d’endettement de 30 %.

La localisation ne constitue pas pour l’heure un motif de refus systématique selon l’étude. Le nombre d’établissements qui en tiennent compte se multiplie cependant. 51 % des courtiers interrogés dans le cadre de cette investigation en ont d’ailleurs parlé.

Hormis ce paramètre, 60 % des courtiers ont évoqué la vétusté du bien. Elle fait partie des critères sur lesquels les banques sont de plus en plus attentives. Ce comportement est en partie la conséquence de l’augmentation du prix des matières premières, de l’énergie et des matériaux. Elles anticipent les frais pour les travaux et s’assurent que les dépenses restent raisonnables. En effet, les travaux, s’ils sont importants, peuvent provoquer une moins-value si une revente est effectuée. L’emprunteur risque en même temps d’avoir des difficultés à s’acquitter des mensualités de son prêt.

Prévoir les futures dépenses de l’emprunteur

La performance énergétique est un autre élément qui pèse davantage sur la décision des banques, citée par 52 % des courtiers. Elle influe en effet sur le budget du ménage en raison des frais pour l’énergie. Elle peut aussi le conduire à des travaux de rénovation énergétique. Certains seront portés à souscrire un autre prêt en conséquence.

Ces critères sont loin d’être les seuls changements effectués ces derniers mois et qui compliquent l’accès au crédit. L’apport personnel a connu une hausse et se situe désormais à 52 594 euros en

moyenne. Le montant demandé a augmenté de 78 % en un an alors qu’il était à 29 405 euros en 2020. Il représente aujourd’hui près de 20 % du coût total de l’investissement, apport et prêt compris.

Certains établissements évaluent par ailleurs la capacité du ménage à avoir une épargne au terme de son contrat de crédit. L’objectif est d’anticiper les dépenses imprévues qui le conduisent à la signature d’un nouveau prêt et réduire les surendettements. Le montant sollicité diffère selon la banque, mais équivaut généralement à la somme de 4 à 6 mois de crédit. La situation professionnelle de l’emprunteur ainsi que son ancienneté font aussi l’objet d’un examen particulier. En un mot, un revenu élevé ne suffit plus pour obtenir un financement par la banque.

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