Les différences entre portage salarial et freelance

Être indépendant n’a jamais été aussi simple. Une aubaine pour les entreprises qui souhaitent un support sur une mission précise, autant que pour les travailleurs, qui cherchent autonomie et impact dans leur travail. Mais que se cache-t-il derrière tous ces termes ? Freelance, entrepreneur, portage salarial, quelles sont les différences ?

 

Freelance : un statut d’entreprise indépendante

Le terme Freelance est souvent utilisé de façon générique pour parler d’indépendance. Dans la réalité, ce terme s’applique aux travailleurs indépendants opérants sous l’égide juridique d’une société. En France, nous parlons donc des régimes de la microentreprise, de l’Entreprise Individuelle, de l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée, de la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle, ou encore de l’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée.

Sans rentrer dans le détail de chacune de ces formes juridiques, elles impliquent :

  • Des formalités de la création de l’entreprise
  • Des formalités de déclaration des charges et revenus
  • Une imposition au titre des sociétés
  • D’un régime fiscal et social dépendant du type de société et du statut choisi.

Si un Freelance souhaite une couverture plus large, ou par exemple une mutuelle, il devra par lui-même souscrire à des cotisations supplémentaires.

Un Freelance travaille ensuite tel qu’il le souhaite, en fonction des négociations effectuées avec ses clients. Il conclut entre lui et le client un contrat commercial et se charge de l’administrer.

Le portage salarial : le salarié indépendant

Le portage salarial est un terme né légalement en 1988. D’un point de vue indépendance, le constat est le même qu’en Freelance. Le travailleur opérant en portage salarial travaille en effet également sous l’égide d’un contrat commercial. Il peut donc le négocier de façon autonome, tel qu’un Freelance. De ce fait, il peut également négocier les modalités de travail pour opérer tout ou partie de sa mission en télétravail, en espace de coworking, ou dans les locaux du client. La différence, c’est que le travailleur pourra travailler en portage salarial sans créer de société, sera rémunéré par voie d’un salaire et disposera de tous les avantages d’un salarié.

Cette différence radicale tient à l’entrée d’un nouvel acteur dans l’équation : une société de portage salarial. Cette société sera celle avec qui le client final signera le contrat. De son côté, le travailleur en portage salarial signera un contrat de travail lié à la mission avec la société de portage salarial. De ce fait, le travailleur indépendant en portage bénéficie des mêmes avantages que le salarié : mutuelle, sécurité sociale, cotisations retraite, éligibilité au chômage, congés payés, etc.

La dernière chose à noter, est que si cela ressemble légèrement à de l’intérim, ce n’en est pas. Le salarié est autonome dans la négociation des contrats, qui n’est pas bridée par des grilles tarifaires.

Freelance ou portage salarial, que choisir ?

Juridiquement, de nombreux statuts existent et sont simplifiés pour permettre l’accès à l’entrepreneuriat personnel : EIRL, EURL, SASU, Portage salarial ou encore microentreprise. Côté entreprise, ces formules apportées par le digital séduisent plus que jamais. Dans un contexte où les modes de travail à distance sont de plus en plus acceptés, et où l’appel ponctuel à un prestataire fait de plus en plus partie de la culture business, c’est une aubaine.

Le portage salarial offre donc l’indépendance, sans contrainte. En créant une société, un travailleur peut devenir dépendant de démarches administratives, d’obligations de proactivité pour son régime social, d’obligations comptables, de risque en cas d’arrêt d’activité, etc.

Le portage salarial offre au contraire de nombreux avantages, qui donnent à l’indépendance de nombreuses garanties :

  • Simplicité et rapidité de lancement : il n’est pas nécessaire de lancer de société, d’attendre l’obtention d’un SIRET ou de se renseigner sur les tenants et les aboutissants de chaque forme juridique.
  • Peu de formalités administratives : cette simplicité se poursuit une fois l’activité lancée, car, contrairement au Freelance, le travailleur en portage salarial n’a pas à déclarer ses bénéfices, dépenses et autres démarches nécessaires.
  • L’accès au régime des salariés qui offre beaucoup d’avantages : couverture sociale, mutuelle, congés payés (pas toujours faciles à négocier en Freelance), cotisation à l’assurance retraite et au chômage. Ces avantages offrent une grande sécurité, car en cas d’arrêt d’activité, le chômage prend le relai.
  • L’accès au droit à la formation : un des droits du salarié ressort particulièrement dans ce comparatif, car la formation est clé pour tout indépendant. En portage salarial, un travailleur cotise pour le CPF.
  • L’accès à une communauté : être indépendant peut vite signifier solitude. En portage salarial, un indépendant bénéficie d’une écoute active, d’une aide à trouver les missions et d’un réel support au quotidien.

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