Des menaces planent sur le système de retraite

Pour le système de retraite, les prévisions sur le long terme se détériorent. Elles présagent à ce titre des conjectures pessimistes en matière de budget. Des prévisions capables de souligner la nécessité d’une réforme paramétrique. Par ailleurs, le Conseil d’orientation des retraites a également diminuer les perspectives de plein emploi, entretenues par l’État.

Fin novembre 2021, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a décidé d’affaisser ses prévisions sur son principal indicateur économique. Ainsi, la productivité du travail ne progresserait plus que de 0,7 % à 1,6 %. Auparavant, l’instance a tablé sur un pourcentage entre 1 % et 1,8 %. Depuis la fondation du COR en 2000, les cibles ne se sont jamais établies à un niveau aussi faible. Ce qui contraint l’organisme à prendre en considération le repli observé dans l’Hexagone comme ailleurs.

Sur le plan budgétaire, ces dixièmes de points de pourcentage entraîneront de lourds impacts. La productivité définit l’augmentation des rémunérations, donc des cotisations.

L’espoir du plein emploi se gâte à cause du chômage

Les retraites sont, quant à elles, déterminées depuis plus de trente ans par l’inflation, qui croît habituellement moins vite. Si les ressources s’amenuisent, il faudra en prendre ailleurs.

Malencontreusement, le plein emploi espéré par l’État est compromis par le COR. L’organisme prédit sur le long terme un taux de chômage de 7 %, soit approximativement 1 point de moins qu’aujourd’hui. Même si ce taux s’effondrait durablement à 4,5 %, cela engendrerait une conséquence largement moins importante qu’une légère hausse de productivité. L’instance a insisté sur cette hypothèse improbable, qui pourrait affecter les individus cumulant portage salarial et chomage, dans plusieurs rapports.

Pour compliquer davantage la situation, le vieillissement de la population provoquera l’année prochaine une nouvelle chute des comptes de l’assurance vieillesse. Pourtant, le dernier budget de la Sécurité sociale a affirmé que le déficit chronique devrait encore diminuer en 2022.

L’Insee a dégagé des projections démographiques défavorables

Fin novembre 2021, l’Insee a confirmé cette tendance inévitable des comptes de l’assurance vieillesse. Comparée à la proportion d’actifs (20-64 ans), celle des retraités (65 ans et plus) s’élèvera à 57 % en 2070. À l’horizon 2040, elle évoluera à 51 %, contre 37 % aujourd’hui.

Un scénario décisif semblable aux anciennes prévisions effectuées en 2016. Toutefois, le nombre d’habitants demeurera à 68 millions au lieu de monter à 76,5 millions.

En 50 ans, la population française diminuera alors de 5 millions d’individus avec une fécondité stagnant à son niveau du moment. En revanche, elle gagnera environ 6 millions de personnes d’au moins 75 ans en plus. Ce qui perturbe grandement le calcul des pensions.

D’autant plus, les nouvelles projections démographiques de l’Insee paraissent légèrement plus défavorables que celles enregistrées dans le dernier rapport du COR. En juin 2021, l’instance songeait à un retour à l’équilibre financier, dont l’année de concrétisation dépendrait des circonstances. Dans le meilleur des cas, celui-ci se produirait alors vers la deuxième moitié de la décennie en cours. Cependant, il faudrait plus probablement attendre jusqu’en 2050, sinon en 2040.

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