Demandeurs d’emploi et portage salarial

Le portage salarial est une alternative pour devenir indépendant et bénéficier des couvertures sociales accordées aux salariés classiques. Sous certaines conditions, il permet également de maintenir les allocations chômage tout en exerçant une activité rémunératrice en parallèle. Par ce cumul, le demandeur d’emploi conserve ses droits à l’accompagnement proposé par Pôle emploi.

Le portage salarial est une forme d’emploi qui permet d’allier indépendance et sécurité. Un salarié porté possède en effet le statut d’indépendant et bénéficie des libertés y afférentes. Il peut choisir lui-même ses missions et négocier ses tarifs. Il profite aussi d’une protection sociale identique à celle d’un salarié classique. Pour les demandeurs d’emploi, la question peut se poser quant à leur statut. Et ce, s’ils reprennent le travail en devenant des salariés portés. À noter qu’un emploi en portage salarial suppose une relation tripartite impliquant le freelance, la société porteuse et l’entreprise cliente. Les allocations chômage et les droits après chaque mission sont autant de sources de préoccupation.

Le portage salarial est-il possible pour les demandeurs d’emploi ?

La perte d’un emploi peut amener un salarié à réfléchir sur son avenir professionnel. Alors que certains se laissent tenter par une reconversion, il est aussi question de choisir entre salariat et entrepreneuriat. Il ne s’agit cependant pas des seules options pouvant être prises. Une alternative existe, elle repose sur le portage salarial. Ce mode de travail permet d’associer les avantages du salariat à la liberté d’un travailleur indépendant. Un atout supplémentaire s’y ajoute pour les demandeurs d’emploi. Il est en effet possible de cumuler portage salarial et chômage et même de maintenir l’allocation au retour à l’emploi (ARE). Cela signifie que le consultant perçoit à la fois son indemnité chômage et les revenus issus de son activité professionnelle.

Étant donné leur statut d’indépendant, les salariés portés sont libres d’organiser leur emploi du temps. Ils peuvent prendre une ou plusieurs missions selon leur choix, s’engager dans un CDI ou un CDD. Il faut seulement respecter une durée maximale de 3 ans pour chaque contrat de travail. Ce qui représente la limite imposée en portage salarial. Ceci offre néanmoins davantage de crédibilité. La société de portage se porte en effet garant de la réalisation des missions confiées aux consultants. Ce qui rassure les clients.

Cumul des allocations chômage et portage salarial

Un demandeur d’emploi augmente le revenu qu’il perçoit tous les mois en devenant salarié porté. Aux allocations s’ajoutera la rémunération perçue grâce à son activité de consultant. Ce cumul constitue par ailleurs un excellent moyen pour enrichir ses compétences. Et ce, par l’intermédiaire des missions effectuées et des accompagnements proposés par Pôle emploi. Le maintien des droits aux prestations chômage peut aussi aider pour lancer et tester une activité sereinement.

Il faut néanmoins répondre à certaines conditions pour pouvoir associer chômage et portage salarial. La rémunération perçue ne doit pas dépasser le montant du revenu moyen ayant été utilisé pour évaluer l’indemnité journalière. Le calcul de l’allocation chômage versée se fait également différemment. Il faut retirer 70 % de la rémunération brute perçue chaque mois de l’activité exercée du montant de l’indemnisation mensuelle.

Dans ces conditions, un demandeur d’emploi peut continuer à bénéficier de l’ARE. Si ce n’est pas le cas, il lui est possible de recourir à nouveau à cette prestation sociale. Et ce, à la fin des missions effectuées. L’indemnité lui sera alors versée le temps de trouver de nouveaux contrats de travail.

Peut-on cumuler emploi et portage salarial ?

Cumuler deux activités salariées, dont l’une en portage salarial, est aussi envisageable. Ce droit s’ouvre à tous les professionnels, indépendamment du statut et du régime fiscal. Un salarié classique, un auto-entrepreneur et même un fonctionnaire peuvent le mettre en œuvre.

Il existe néanmoins quelques points qui méritent une attention particulière. Il faut souligner que le salarié n’est pas dans l’obligation d’informer son employeur quant à l’existence d’une activité supplémentaire. En même temps, cacher sa situation peut lui porter préjudice si son supérieur vient à l’apprendre. La loyauté envers la société de subordination principale est aussi cruciale. Il est évident que le salarié ne doit pas travailler pour une entreprise concurrente. Autrement dit, une structure qui sollicitera les mêmes méthodes ou des connaissances intellectuelles identiques.

Avant de se lancer, il faut également s’assurer de sa disponibilité. En effet, l’employeur peut prendre les mesures appropriées si un salarié montre des signes de fatigue physique ou mentale. Et que ceci soit le résultat d’une activité supplémentaire. Il appartient donc au salarié de trouver un équilibre entre les activités associées. Il est d’ailleurs impossible de passer au-delà des quatre trimestres requis chaque année pour les droits Assedic. Verser des cotisations supplémentaires ne permet en aucun cas de compléter un trimestre en plus et d’ouvrir d’autres droits. Enfin, pour les fonctionnaires, l’autorisation du supérieur hiérarchique est nécessaire.

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